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Chapitre 41 : La disparition magique

Photo du rédacteur: Orian Bessin
Orian Bessin
7 sept.
1 min de lecture

D'abord ses yeux.


Deux yeux grands, noirs,

Ombragé, épousseté, le regard ;

Assez droit, immobile.

Elle sait, assurée qu'on la voit.

Elle sait.


Au milieu,

Son nez court sur son visage.

Au loisir de ses joues, rosie au maquillage,

Joueuses les joues, rieuses, amuseuses.

Elles parlent entre elles de l'autre.


Et plus bas,

Sa bouche, l'autre.

Deux lèvres pleines,

De rien et déjà de tout,

Retenant à leurs commissures

un sourire qui n'a pas encore décidé

s'il allait naître.


Les cheveux ondulés glissent et caressent

Des épaules larges, faites pour porter

Ceux qui embrassent le vêtement, en fête

Débordé par la douceur, sans cesse, sans fin répétée.


Puis soudain,

elle danse et disparaît.


Dix doigts aux ongles rouges

referment le rideau sur son visage.


Plus d'yeux.

Plus de bouche.

Plus qu'une chevelure noire

et deux mains qui disent :

« Tu ne me verras plus. »



Mais elle triche.

Car quelque pas plus tard,

ses mains tombent,

le rideau s'ouvre.


Ses yeux reviennent d'abord,

baissés cette fois,

puis ses joues,

sa bouche,

et enfin ce sourire minuscule

qu'elle avait caché avec elle.


C'est peut-être ainsi

qu'il faut faire son portrait :


la regarder apparaître,

la regarder se cacher,

et comprendre

qu'elle est encore plus belle

dans la seconde exacte

où elle décide

de se montrer.

 
 
 

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