
Chapitre 32 : Don Quichotte, bataille de feu et d'eau
- Orian Bessin
- 22 mars 2023
- 1 min de lecture
Dernière mise à jour : 17 déc. 2025
Les arbres dégarnis sous la chaleur de l'été,
Regroupés au pied d'une rivière, d'un collier
D'azur liquide, la Cause se faisant allier
L'écriteau annonçant la, l'interdiction rêvée.
‹‹ Baignade interdite ››
Je tanne que tu me suives dans ma bêtise
Tu hésites, j'attise ta hantise du Feu
Tu vois dans, sans raison, mes yeux
L'attrait dessein, poitrail délicieux.
Tes yeux brillent, tu me souris.
Je sais à ce moment et pour tout ceux qui le suivront
Que ce sourire et ses yeux seront ma seule religion.
Oui, tu as pris ta décision.
Nous avançons pas à pas, mains à mains,
Et coquines elles se jouent des éboulements pour se faire sur ton corps leur propre chemin.
En bas, d'une longue descente, trouvé trop courte à te panser
En bas de ton plus haut, que j'ai si vite débarrassé
De ton loisir, de ton entrain à tout me dévorer
Que je sombre, folie marine, que je gorge bois coulé,
A attendre, tu me rejoignes que nous puissions nous envoler.
D'une mer de sapin, d'un appel volupté.
Alors l’eau nous prend — sans bruit, sans colère,
comme si la rivière savait déjà nos deux corps.
Le courant nous soulève, nous dissout, nous éclaire,
et nos souffles s’accordent à la cadence du bord.
Plus rien ne pèse : ni la peur, ni la terre,
tout glisse, se mêle, se défait dans le décor.
Dans l’eau tiède, tout devient simple à sa manière — et je comprends, au creux des remous, que c'est ici pour la première fois que le "je" devient nous.
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